"Le pouvoir est hallucinogène: nous n’avons pas vu venir la plupart des drames… A vingt trois, vingt quatre ans, l’expérience est problématique, les tentations d’autant plus subtiles que l’on est sûr de les dominer; les faits imposent toujours leurs évidences… Entre connaissances ou amis, une invitation dans le Pacifique, la mise à disposition temporaire d’une villa, le prêt plus ou moins long d’une voiture de sport, un week-end à New York en Concorde, des cadeaux princiers, un petite avance d’argent à des conditions attractives, sont autant de services naturels jamais sentis comme de la malversation… Robertelli, Dourraboue, Jupien, d’autres que nous connaissions plus ou moins ou que nous ne connaîtront jamais, ont ainsi souffert des violences du politique, en ont subi les conséquences les plus lourdes. Certains de nos amis furent happés qui le payèrent souvent au prix le plus fort car si quelques uns purent rebondir, d’autres furent anéantis."
Approbation d’Oriane (crayon de papier gras noir) : c’est tout à fait ce que j’ai vécu avec le Général or, contrairement à ce que pourraient laisser croire la banalité des mots, il est très difficile de rendre compte de cet enlisement insensible, progressif, dans les sables mouvants de l’influence et du pouvoir. Accepter une invitation à dîner est déjà, la plupart du temps, une compromission car l’on ne regarde plus de la même façon ceux avec qui un repas a été partagé. Le pouvoir indépendant, impartial, juste peut-être, exige l’isolement, la solitude absolue.
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